Interview de la célébrité du mois

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9 janvier 2014 at 14 h 24 minCategory:Films

The King of New  YorkDans «The King of New York», vous utilisez une fois encore New York comme décor. La vie nocturne de la Big Apple, c’est vraiment votre univers…
Je suis persuadé qu’un cinéaste doit connaître les lieux où il fait évoluer ses personnages. Cela permet d’être beaucoup plus proche de ce que l’on veut véritablement montrer. Pour ce film, il était inconcevable que Frank White et son équipe apparaissent de jour. Ils ne travaillent pas dans un bureau de poste! On pourrait très bien tourner 5 000 films différents à New York, la nuit…
Richard Bohringer, un célèbre acteur français, a écrit un roman intitulé «C’est beau une ville, la nuit». Cette formule vous plaît-elle?
(Rires). C’est exactement ça! Vous savez, filmer de nuit est vraiment la meilleure façon de maîtriser la lumière. De jour, on ne peut influer que très peu sur l’image et la Couleur. Dans l’obscurité, on peut tout mettre en scène.
Dans vos films, vous décrivez New York comme un champ de bataille. Cette ville, vous l’adorez ou vous la détestez?
Je l’adore et je la déteste! New York me fait très peur. C’est un endroit unique, certainement le plus violent du monde. Mais il faut faire abstraction de ces difficultés pour tirer de la Big Apple ce qu’elle a de plus beau et de merveilleux. J’y suis né, j’y habite, j’y travaille. Jamais je ne quitterai cette ville.
Existe-t-il une autre grande ville que vous aimiez à ce point?
J’aime Miami, Paris. Je ne voyage pas beaucoup. Il m’est pratiquement impossible d’être objectif vis-à-vis d’autres mégalopoles.
« The king of New York » a pour sujet principal la drogue. Avez-vous eu besoin de vous documenter sur ce thème? Comment Nicolas St John, votre scénariste attitré, a-t-il préparé le script?
Nous n’avons pas fait de recherches approfondies. Tous les Américains savent de quelle façon la drogue est importante dans leur pays. Chaque année, des millions de dollars sont investis dans ce marché. C’est un problème très grave derrière lequel apparaissent toutes les difficultés de la société américaine. Que pouvons-nous faire? Pourquoi les gens agissent-ils de la sorte? Pourquoi se drogue-t-on? On a tôt fait de mettre en avant la drogue pour se masquer la réalité des choses : le racisme, la pauvreté… En fait, des mots comme «crack», «smack» ne sont que de faux vaccins que l’on injecte aux Etats-Unis pour lui cacher ses véritables fléaux. Tous les films parlent de drogue. Aucun ne donne de solution au problème.
Justement, pensez-vous que «The King of New York» pose des questions ou donne des réponses?
Je sais que je me suis posé tout un tas de questions en faisant ce film. Sans pour autant trouver les réponses… Personne n’a de réponse, aucun film n’en donne. La grande question est : «à quoi correspond le monde dans lequel nous vivons, pouvons-nous l’aider à être meilleur?» Qu’est-ce qu’un individu peut faire face à tous les maux de la terre? Frank White tente, à sa façon, de venir en aide à son prochain en finançant la construction d’un hôpital. Il déclare même : « Donnez-moi un an et je vais changer le monde.» Qu’il ait raison ou tort n’est pas mon propos. Le fait est que son attitude est positive. Tous .les personnages du film sont à son image. Chacun pourrait affirmer : «Je peux faire la différence!»
Peut-on dire que Frank White est un anti-héros?
Frank WhiteCertainement. Outre le fait que Frank est un trafiquant et un tueur, cet homme a compris que l’argent pouvait résoudre bon nombre de problèmes, comme l’éducation, la recherche médicale et la pauvreté. Finalement, il utilise sa fortune à bon escient.
Pourquoi avoir choisi Christopher Walken pour incarner Frank White?
Je ne l’ai pas choisi. Christopher était le seul capable de jouer ce personnage. Il est tellement spécial. Il a beaucoup apporté à son rôle. C’est un trésor pour le septième art.
Selon vous, un homme tel que Frank peut-il réellement exister?
Il existe sûrement. Il est là, partout dans le monde. Il y a énormément de Frank White sur terre. J’aime à le croire en tout cas.
On voit souvent Frank entouré de très belles femmes. En fait, il ne tombe jamais amoureux…
Si nous avons réduit ses rapports avec la gent féminine à leur plus simple expression, c’est que nous ne pouvions pas faire un film X (rires)! Frank est totalement amoureux. La preuve, il les baise toutes…
Le film est basé sur un contraste entre la violence et la paix. Comment avez-vous partagé votre travail durant le tournage?
J’ai tourné «The King…» dans sa continuité, en respectant la chronologie des événements. Il aurait été impossible de filmer les séquences calmes puis les violentes séparément. Beaucoup trop d’éléments entrent en ligne de compte au dernier moment et bouleversent l’ordre des choses tel qu’on l’a défini avant le tournage.
La musique joue un rôle prépondérant dans le film. Comment l’avez-vous choisie?
J’ai choisi le rap parce que c’est la musique des personnages. Le rap est un trip black, c’est la musique des rues. Pour «The King… ». J’ai fait appel à Joe Delia. Ce musicien est absolument génial. Des gens tueraient pour composer une bande originale. Joe, on essayait de le joindre, et lui s’en foutait!
Combien a coûté le film?
Plus de 5 millions de dollars et moins de 30 ! Moins que «Fear city» et plus que «China girl», deux de mes précédents films.
Que vous ont appris vos films sur l’industrie cinématographique aux Etats-Unis?
Ce que j’apprends, c’est que je ne dois rien attendre d’elle. Je fais partie du cinéma américain, je fais ce que je veux. Je ne vais pas me mettre à pleurer sur le système hollywoodien et ses injustices, ce serait perdre mon temps. Je fais beaucoup plus partie de l’industrie cinématographique que n’importe qui habitant à Beverly Hills.
Je me suis laissé dire que vous alliez mettre en scène la vie du hardeur John Holmes…
Ah ! (rires). Christopher Walken veut que je le fasse. Il a déjà écrit le scénario et meurt d’envie d’interpréter le personnage. Mais j’ignore si ce sera vraiment un film sur. John Holmes ou un film inspiré de son existence. En attendant, je suis prêt à filmer tout ce que Chris voudra…