Capitaine sans peur

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23 novembre 2014 at 8 h 50 minCategory:Divers

Le capitaine sans peur mais non sans reproches, c’est Gregory Peck alias capitaine Hornblower (Cor souffleur !). Drapé dans une dignité d’enfer et mu par un sens du devoir inaliénable, « Capitaine sans peur » entre dans la grande catégorie des films d’aventures.Gregory Peck, Virginia Mayo Chargé d’une très délicate mission dans les mers du Sud, rien ne saura éloigner le capitaine de son cap malgré les obstacles qui se dressent sur sa route : navires ennemis, mutinerie à bord, attaque de scorbut et autres maux. Insensible, Hornblower continuera sa route, réglant les problèmes au passage avec une froideur et une rigidité telles que l’on voit se dessiner derrière ce portrait d’un homme de devoir, l’ébauche d’un homme blessé. Hautain, impassible, solitaire, s’il n’y avait Lady Barbara (Virginia Mayo) pour assaisonner (!) le tout d’un zeste de romantisme forcé, on pourrait prendre le capitaine Hornblower pour un affreux tyran. Mais non. Derrière le héros, le chef, se cache un homme sensible et un acteur beau comme un dieu qui n’hésite pas à déclarer «Je conquerrai cet océan… et cette femme sera mienne». Et si derrière cet homme de devoir se cachait un terrible arriviste, ambitieux et imbu de lui-même ?

Hors -la -loi

«Hors-la-loi» n’est pas un film parfait, mais c’est, pour le cinéma français, un film particulièrement ambitieux et original. Dommage qu’il ait été boudé à sa sortie par la majorité des critiques. Car, il y a dans cette fuite à travers la campagne de quinze adolescents évadés d’une maison de correction, un souffle épique qui rejoint le grand western. «Hors-la-loi», c’est la rencontre d’« Outsiders » de Coppola et du «Brigand bien-aimé». Les quinze adolescents imaginés par Robin Davis sont pris dans une chasse à l’homme épique et violente, mais ils sont, avant tout, des «gosses» humains et fragiles. Ils courent jusqu’à l’épuisement, pleurent et ont faim, apprennent la solidarité et l’amour… car il y a des filles parmi eux. Parallèlement au drame humain, Robin Davis a construit — et superbement filmé — un film d’action plein de moments haletants et pathétiques. Il faut voir ces jeunes comédiens (visiblement non doublés) grimper, dévaler, plonger, être entraînés dans un torrent ou s’accrocher à un tronc d’arbre flottant sur les rapides. Quand un film américain propose de découvrir de nouveaux talents, on crie au courage. Quand un film français consacre un budget important (car «Hors-la-loi» a coûté cher) pour montrer que, ici aussi, nous avons une sacrée pépinière de nouveaux comédiens, on fait la fine bouche. Dommage que Davis n’ait pas été prophète en son pays ! En vidéo, peut-être…

Les rues de feu

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14 novembre 2014 at 8 h 47 minCategory:Divers

Les rues de feuRock, motards et justicier solitaire… Une chanteuse de rock est enlevée par des loubards. Son ex-petit ami, Tom Cody, de retour d’un long voyage, la sort de leurs griffes. Il y a du cliché dans l’air. Michael Paré, solitaire et taciturne, sort d’un western pour affronter en un duel implacable les méchants de service. Il y a de l’Ange sauvage années 60 dans ce chef de bande gominé, tout de noir caoutchouté et cuiré, interprété avec truculence et sadisme par Willem Dafoe. Il y a enfin de l’Hollywood dans ces longs baisers sous la pluie, dans ces bars-impasses où traîne la nostalgie et dans ces rues new-yorkaises nocturnes, mais griffées par les néons. Walter Hill, sur sa lancée des « Guerriers de la nuit », a créé un opéra rock-apocalypse. Comme tous ses petits copains-nouveaux génies du cinéma spectacle, il s’est créé tout un monde en référence aux mythes et clichés de sa propre jeunesse et de sa propre culture (populaire !). D’ailleurs, il en résulte un superbe livre d’images, très mode mais efficace.

La petite fille au tambour

La petite fille au tambourJohn Le Carré est le plus important et le plus connu des auteurs de romans d’espionnage actuels. Après «L’homme qui venait du froid» et «La taupe», il a signé «La petite fille au tambour», qui jette une lumière crue sur les dessous du conflit israélo-palestinien. S’il a constamment montré que l’affrontement des services secrets n’a rien d’héroïque, en tissant des intrigues aussi sordides que désespérantes sur ces guerres froides clandestines et sans merci, il franchit ici un nouveau degré dans l’escalade de l’écœurement et de la cruauté. En quelques images, l’ouverture du film nous plonge en effet dans l’actualité la plus brûlante, celle du terrorisme. Fidèle au roman, l’adaptation cinématographique que nous propose George Roy Hill est dominée par Diane Keaton, dans le rôle d’une comédienne britannique sympathisante de la cause palestinienne qui va être impliquée dans une machination dont les organisateurs utilisent cyniquement ses sentiments et son talent. Sensible, affectivement perturbée, elle est pour eux un cobaye de choix ! N’en disons pas davantage pour ne rien déflorer. Sachez seulement que, dans ce rôle (doublement) difficile, Diane Keaton confirme un talent très sûr. Auprès d’elle, Klaus Kinski et Sami Frey incarnent ces forces ennemies qui, acharnées à se détruire, portent surtout un coup mortel à tout vestige d’idéalisme.